Y’à plus qu’à semer !

Plus que 2 jours avant d’ensemencer le premier bassin 2012 ! L’heure de préparer le milieu de culture dont se nourriront les précieux filaments de spiruline. Non, elle ne pousse pas toute seule, et oui, c’est un métier.

Dans ce liquide blanc qui verdira dès l’ensemencement (et le prochain post sur ce blog), vous trouverez une salinité ajustée avec précision, un Ph de 9.8, du carbone, de l’azote, du phosphore, du potassium, du fer, du calcium, du zinc, du soufre et une quinzaine d’éléments, tous choisis avec soin et dosés avec précision. La plus infime erreur de calcul, de pesée, de dosage, et c’est l’échec assuré. La spiruline est un organisme qui a traversé les ages, elle n’en est pas moins très fragile et capricieuse.

Si tout va bien, ce petit bassin de 70 m², baptisé poétiquement « bassin 3 », me permettra d’assurer la multiplication des petites spirulines afin de remplir les bassins voisins, de plus en plus grands (aux noms tout aussi poétiques).

Cette année, je pars sur une souche indienne : « Lonar ». De petite taille, elle est plus robuste et sa conduite est mieux maitrisée que celle de sa cousine péruvienne, « Paracas ». Chaque souche porte en effet le nom du lac où elle a été découverte. Pour revenir à ce choix, la Paracas a l’avantage de croitre rapidement, de donner de longs filaments faciles à filtrer, mais garde une part de mystère. Sans explication à ce jour, les bassins meurent du jour au lendemain et chaque producteur en a fait l’expérience un jour. Les spéculations vont bon train mais aucun organisme de recherche ne daignant s’intéresser à nous, il faut croiser les doigts chaque matin dans l’espoir de ne pas sentir cette odeur de choux pourri si caractéristique d’un bassin à l’agonie.

La Lonar est plus sécurisante, mais la médaille a son revers. Sa filtration est laborieuse, son pressage est délicat, d’autant qu’à la première carence en azote, elle se protège en secrétant des sucres très particuliers, excellents pour la santé, mais la rendant impossible à filtrer. Un pilotage en finesse…

Choisir une souche, c’est donc choisir entre jouer les têtes brûlées et jouer petit bras (pour caricaturer). Sans doute changerai-je mon fusil d’épaule plusieurs fois dans la saison au gré des impasses techniques. C’est ainsi que procèdent beaucoup de producteurs expérimentés… En attendant qu’un institut technique vienne nous épauler afin de renforcer les travaux de personnes passionnées, mais isolées auxquelles nous devons notre savoir actuel. Je pense notamment à Ripley Fox et Jean-Paul Jourdan. N’oublions pas la philosophie d’échange de savoir en vigueur entre producteurs. Devant les vides à combler, nous sommes confrères plus que concurrents. Pourvu que cela dure !

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2 réponses à Y’à plus qu’à semer !

  1. Hamdi knaz dit :

    Bonjour
    je suis nouveau dans la culture de spiruline et je cherche de la spiruline innoculum pourriez vous m’en fournir svp?
    merci

    • Bonjour,
      Avant toute chose, quelques questions : Où êtes-vous installé ? De quelle manière comptez-vous cultiver ? Avez-vous un site internet ?
      Je croule sous les sollicitations de nouveaux venus n’ayant pas conscience des risques sanitaires, de la rigueur technique ou du contexte concurrentiel liés à la production de spiruline…
      Merci de votre réponse !
      Benjamin

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